“S’éloigner de” ou “Aller vers” ? éloignement ou rapprochement ?

En consultation, il est courant de demander à des patients ce qu’ils souhaitent retirer de leur entretien, de leurs séances de coaching, de leur thérapie ou accompagnement. Souvent la réponse commence par “Je ne sais pas trop, mais je ne veux plus…”. En effet, notre premier réflexe est rarement de répondre “je veux me réveiller en pleine forme tous les matins, réaliser la chance que j’ai d’être en vie, etc…”, il est naturel que nous passions par une phase de “je ne veux plus de cette vie, de mon patron qui m’épuise etc…”. Nous passons parfois par des tournures de phrases négatives “ne pas” “ne plus” qui identifient ce que nous voulons éviter plus que ce que nous souhaitons. Il existe en Programmation NeuroLinguistique un méta-programme (voir encadré 2) qui identifie une direction dans notre façon de réagir à certaines situations : est-ce que j’ai tendance à ne plus vouloir quelque chose qui me fait souffrir, auquel cas j’ai tendance à « m’éloigner de » cette chose, ou bien mon premier réflexe est-il plutôt « d’aller vers » quelque chose qui me fait envie. (Dans la pratique de la PNL et selon les contextes, « formulation Négative/Positive » et « S’éloigner de/Aller vers »  sont deux notions distinctes, par exemple “je veux arrêter de fumer” est formulé de façon positive, et pourtant c’est du « s’éloigner de » ).

En consultation, il est courant de demander à des patients ce qu’ils souhaitent retirer de leur entretien, de leurs séances de coaching, de leur thérapie ou accompagnement. Souvent la réponse commence par “Je ne sais pas trop, mais je ne veux plus…”. En effet, notre premier réflexe est rarement de répondre “je veux me réveiller en pleine forme tous les matins, réaliser la chance que j’ai d’être en vie, etc…”, il est naturel que nous passions par une phase de “je ne veux plus de cette vie, de mon patron qui m’épuise etc…”. Nous passons parfois par des tournures de phrases négatives “ne pas” “ne plus” qui identifient ce que nous voulons éviter plus que ce que nous souhaitons. Il existe en Programmation NeuroLinguistique un méta-programme (voir encadré 2) qui identifie une direction dans notre façon de réagir à certaines situations : est-ce que j’ai tendance à ne plus vouloir quelque chose qui me fait souffrir, auquel cas j’ai tendance à « m’éloigner de » cette chose, ou bien mon premier réflexe est-il plutôt « d’aller vers » quelque chose qui me fait envie. (Dans la pratique de la PNL et selon les contextes, « formulation Négative/Positive » et « S’éloigner de/Aller vers »  sont deux notions distinctes, par exemple “je veux arrêter de fumer” est formulé de façon positive, et pourtant c’est du « s’éloigner de » ).

Aucun individu n’obéit à une direction unique, chacun de nous utilise évidemment les deux choix “S’éloigner de” et “Aller vers”. Je suis certain qu’il vous est arrivé de prononcer des phrases en utilisant une tournure “s’éloigner de” et aussi des phrases en utilisant une tournure “aller vers”, ne serait-ce que par le contexte. Enrhumé , on a parfois envie de “sortir de ce rhume”, ou à l’approche d’un heureux événement, on a « hâte d’y être ». Il peut arriver à chacun de nous d’avancer dans la vie en répondant tantôt au bâton « S’éloigner de » et tantôt à la carotte « Aller vers ».

L’objet de cet article est de nous inviter à réfléchir à ceci : faut-il toujours inviter le patient à changer une formulation, une attitude, qui consiste en une procédure d’évitement par une procédure de rapprochement ? Faut-il toujours remplacer le “s’éloigner de” par du “aller vers”?

Encadré 1: définition de la Programmation Neuro Linguistique, la PNL:

Il existe beaucoup de définitions de la PNL parfois très courtes, allant de «l’étude des réalité psychologiques», jusqu’à si longues qu’il faut en passer par une méta-définition qui contient la définition de chaque terme dans un ouvrage tel que Le nouveau dico de la PNL.
Retenons ici la définition proposée par Anné Linden "La PNL explore le fonctionnement de l'esprit humain : comment nous pensons, formons nos désirs, nos but et nos peurs, comment nous nous motivons, relions nos expériences entre elles et leur donnons un sens"
et celle de Richard Bandler co-fondateur de la PNL avec John Grinder « La PNL est une attitude méthodologique dont découle un ensemble de techniques. C’est une certaine façon de comprendre les gens. Une vision du monde »

En PNL, on donne une grande importance à l’inconscient (voir encadré 3) et il est généralement admis que l’inconscient ne reconnait pas les injonctions négatives, ainsi à l’injonction “ne pense pas à la mer”, notre premier réflexe n’est pas de s’imaginer une prairie ni une montagne, c’est plutôt de voir la mer, et c’est bien naturel. C’est pourquoi en PNL on souhaite qu’un objectif soit toujours formulé de façon positive. Il est ainsi moins préférable pour le patient d’énoncer “je veux arrêter de fumer” = “S’éloigner de” que “je veux remplacer la cigarette par…” = “Aller vers”.

En formation, en supervision, en intervision, j’ai parfois été témoin de ce que j’appelle une “dictature du aller-vers”, ou au moins une volonté systématique de transformer du “s’éloigner de” en “aller vers”.  Cela parait être une bonne idée, en effet, car pour notre inconscient c’est plus intéressant d’aller vers quelque chose de motivant et de construire ainsi une image agréable.

Personnellement il m’arrive pourtant de “m’éloigner du aller vers…” c’est ma façon de ne pas me soumettre à la dictature du “aller vers”, car il me semble que dans certaines circonstances un bon vieux réflexe de s’éloigner de” est salvateur dans un premier temps. L’idée selon laquelle il n’est pas toujours indispensable, selon moi, de toujours remplacer du “S’éloigner de” par du “Aller vers” m’est apparue par analogie. Cette analogie consiste à comparer le lien “S’éloigner de“/“Aller vers” avec le lien “symptômes”/”causes” (termes aussi utilisés en PNL). Une révélation m’est en effet venue le jour ou j’ai compris qu’un médecin ne soigne pas toujours les causes d’un mal, il peut parfois s’attaquer en premier lieu aux symptômes afin que le patient retrouve des forces avant de s’attaquer aux causes. Et c’est aussi ce que je pense de la nécessité temporaire pour un patient, client, coaché, de désirer s’éloigner d’une situation négative avant d’aller vers une situation positive. 

Que dites-vous à quelqu’un qui évoque une situation d’urgence? Notre premier réflexe humain est d’abord de se demander comment sortir de cette situation, à s’éloigner du danger. Je vous avais prévenu, nous faisons tous et toutes du “S’éloigner de” dans notre vie quotidienne et c’est bien légitime.  Il y a en effet un intérêt à utiliser le programme “s’éloigner de”, de façon évidente lorsqu’il y a une urgence, comme décrite ci avant, mais pas seulement. Le “S’éloigner de” me semble parfois être une situation intermédiaire pour le patient. 

Par exemple, on entend parfois cette expression galvaudée de “l’ouverture du champ des possibles”, c’est une expression que je n’aime pas car je l’ai entendu à toutes les sauces, mais c’est en effet un des rôles de l’accompagnant en PNL de laisser entrevoir de nouveaux choix possibles au patient ou au client. Parfois, lorsque la personne n’a aucune idée d’où aller, de ce qui pourrait remplacer la situation négative, alors s’éloigner d’une chose négative sans savoir où l’on va est un choix temporairement acceptable. Il y a cette idée selon laquelle un petit changement va en entraîner un autre, puis va créer un effet boule de neige, et que les solutions vont alors se présenter d’elles-mêmes. Cette idée exploite le “s’éloigner de” en espérant que du “aller vers” va survenir pendant le processus. 

Encadré 2: méta-programme

On appelle méta-programmes les filtres inconscients qui orientent vers l’objet de votre attention la façon dont vous traitez n’importe quelle information reçue, puis dont vous la communiquez (La PNL pour les Nuls - Romilla Ready, Kate Burton)
Le méta-programme de direction consiste à identifie quand notre action est guidée par l'envie de se rapprocher de quelque chose d'agréable ou par l'envie de s'éloigner de quelque chose de désagréable.
D’un point de vue philosophique, la nature ayant horreur du vide, s’éloigner de quelque chose c’est forcément aller vers autre chose, les deux propositions « aller vers » et « s’éloigner de » semblent donc identiques. C’est pourquoi ici ce qui importe ce n’est pas un changement géographique, physique ou physiologique, ni même psychologique, c’est la tournure de phrase qu’utilise le patient quand il nous parle, quand il se parle, sa posture quand il se représente le changement, bref la direction que souhaite prendre son inconscient. Cette direction nous est indiquée par le langage verbal et non-verbal, qui sont des piliers de la PNL.

D'après le coach américain Tony Robbins, être dirigé par de l'éloignement est responsable de "l'effet cocote minute", ou de ce que l'on nomme en français l'effet yoyo des régimes : on adopte un nouveau comportement pour s'éloigner d'une image que l'on n'aime pas mais lorsque cette image redevient acceptable, alors on abandonne le nouveau comportement et on reprend l'ancien.

Encadré 3: Le rôle de l'inconscient

L’inconscient en PNL n’est pas l’inconscient Freudien, un article future y sera consacrer. Vous savez qu'on donne une grande importance à l’inconscient en PNL, le principe étant que les changements s’effectuent plus par notre inconscient que par une volonté consciente de changer. On dit que « vouloir effectuer un changement par la seule force de la volonté est un acte de violence qu’on se fait à soi-même » (origine perdu). C’est une des raisons pour laquelle la PNL est beaucoup plus efficace que la volonté pour lutter contre les addictions.
On peut (c’est ici mon choix) proposer que la volonté est un choix de notre conscient alors que les désirs viennent de notre inconscient. Le grand Diderot avait compris longtemps avant la naissance de la PNL que la volonté consciente n’est pas le moteur premier du changement, il écrit en 1757 dans ses entretiens sur le fils naturel “On dit que le désir naît de la volonté, c'est le contraire, c'est du désir que naît la volonté.”.

Pour illustrer le paragraphe précédent, voici l’exemple d’un protocole de PNL. Le « protocole de Dickens » est un exercice avec lequel j’ai observé un résultat très positifs récemment. Sans entrer dans les détails du protocole, on l’appelle ainsi car il fait référence a l’ouvrage “A Christmas Carol” de Charles Dickens dans lequel un homme méchant décide de devenir meilleur grâce à trois recadrages accès sur son passé, son présent et son future. La comparaison s’arrête là, Le protocole consiste à créer 2 lignes de temps séparées et toutes les deux tournées vers le futur, une ligne de temps négative qui se produira si le patient ne fait rien pour changer sa situation actuelle, et une positive dans laquelle le patient va créer un futur attirant grâce aux actions qu’il va prendre pour atteindre ses objectifs. Ce protocole fonctionne même si le patient n’a aucune idée des actions concrètes qu’il va mettre en œuvre. On voit bien ici que ce protocole utilise le bâton avant la carotte, un désir de s’éloigner d’un avenir possible pour ensuite le remplacer par un avenir meilleur. Ce protocole fonctionne autant en s’appuyant sur une prise de conscience que sur un travail de l’inconscient présent dans tout protocole de PNL, il s’agit donc autant d’un outil de coaching qu’un protocole de pure PNL. On voit ici que « s’éloigner de » peut être utiliser en PNL comme un outil de changement.
Charles Dickens , 1843 daguerrotype by Unbek in America , the earliest known photographic portrait of the author

Nous l’avons vu, un patient commence parfois par utiliser inconsciemment le méta-programme de direction en “S’éloignant de » et cela peut parfois être acceptable dans une certaine mesure, nous avons aussi vu que  la direction “aller vers” est plus puissante en terme d’objectif à atteindre.
Avant de conclure, laisser moi maintenant créer un peu de confusion volontaire avec la réflexion suivante: Le méta-programme de direction est parfois le choix inconscient d’un patient, un autre choix inconscient que font beaucoup de patients, c’est de penser en “OU” exclusif. “Je voudrais faire X mais je dois faire Y”, et le rôle du praticien est parfois d’aider à créer d’autres choix que X et Y, et parmi ces autres choix, celui de faire à la fois X et Y est un choix possible. Olga, la coach/psychothérapeute/Formatrice qui m’a formée en PNL nous a enseignée, à moi et à mon inconscient, la puissance du “ET”. 

En conclusion, dans les paragraphes précédents je vous ai proposé un choix entre “S’éloigner de” et “Aller vers”, j’espère que vous ne vous y êtes pas laissé prendre, car en réalité les deux se combinent pour le meilleur et c’est exactement ce que fait le protocole de Dickens en proposant les deux à la fois.

Auteurs cités dans l’article:

Richard Bandler. Philosophe et Psycholoque, Co-fondateur de la PNL. Reconnu avant la PNL comme un influenceur capable d’initier et d’accompagner le changement, il s’est d’abord passionné pour la Gestalt. En 1997 il a demandé à la justice américaine de le reconnaître comme unique créateur de la PNL et d’en faire une marque déposée, il n’a pas gagné ce procès et a finalement signé avec John Grinder un accord de non discréditation mutuel. Depuis il a développé deux branches dérivées de son travail : le Design Human Engineering (DHE) et me rematriçage neuro hypnotique (RNH).

John Grinder. psychologue et linguiste américain, co-fondateur de la PNL. D’abord engagé dans les forces spéciales de l’armée américaine pendant la guerre froide, John Grinder a ensuite étudié la linguistique. Ensuite sa rencontre avec Richard Bandler l’a initié à la Gelstat therapy. On dit que c’est John Grinder qui aurait proposé à Bandler l’idée de « modéliser » la Gelstalt créée par Fritz Pearl. Récemment il a publié « The new code of NLP » issu d’un travail inspiré entre autres de Gregory Bateson.

Anné Linden. « Anné est la fondatrice et la directrice du premier Institut de PNL au monde, le NYTI/PNL (New York Training Institute for NLP) à Manhattan. » (source http://www.rhapsodie.info/Anne-Linden.html). Elle a été une formatrice de Olga Belo-Marques coach PCC ICF et formatrice PNL au CFIP.

Notions à retenir:

“S’éloigner de” quelque chose est naturelle et utile dans le cas d’une urgence. A plus grande échelle,  s’éloigner d’une chose qu’on repousse laisse le risque d’y retourner inconsciemment.

“Aller vers” quelque chose de positif est un des critères d’un objectif bien formulé.

La notion de choix entre 2 possibilités s’appelle plus un dilemme qu’un choix. Lorsqu’on propose un choix entre A ou B, on peut analyser si on a aussi le choix A+B, ainsi que d’autres choix C, D, E…

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