1 Mon histoire avec le Rubik’s Cube

1 Mon histoire avec le Rubik’s Cube
On me demande parfois quelle méthode j’utilise pour résoudre le Rubik’s cube. La réponse la plus simple est : la méthode qui consiste à placer 12 arrêtes et 8 coins dans la bonne orientation autour de leurs centres respectifs. C’est un peu de la triche de répondre ainsi car ça n’évoque absolument pas la façon dont je place et oriente ces 20 cubies autours de leurs centres.
Cette réponse a deux avantages. Elle a le mérite d’éviter les discussions à rallonge, car évidement ça dépend ! ça dépend de la discipline, on ne resoud pas du tout un cube de la même façon selon qu’on veut faire du speed cubing (le resourdre le plus vite possible), du OH (le resoudre avec une seule main), du Fewest move (le resoudre avec le moins de mouvements possibles dans une unité de mesure donnée), en blind (les yeux bandés), etc..
Le deuxieme avantage de cette réponse c’est qu’elle rappelle le sens du mot ‘méthodes’, certains se targuent d’inventer une nouvelle méthode dès qu’ils décrivent une idée qu’ils croient être les premiers à trouver, mais au final depuis les années 80 on ne fait qu’appliquer et améliorer les façons de placer des coins et des arêtes autour d’un centre. Je vais donc brièvement rappeler quelques principes possibles sans enter dans les détails, et uniquement dans l’esprit du speedcubing. Il faudrait en effet une veritable enclopedie pour détailler tous ce que les humains ont eu comme idées de génies pour utiliser un Rubik’s cube de differentes façons, ma préférée étant celle qui consiste à le jeter derrière soi et annoncer ‘problem solved !’. Par mesure d’équité, je vais aussi éviter de nommer les personnes qui sont liés de près ou de loin a des découvertes autour du Rubik’s cube car le botin téléphonique ne suffierai pas et puis les pages de wikipédia sont là pour ça.
Gardons juste ces quelques noms (ça n’engage que moi) : il faut au moins retenir les noms de Erno Rubik, Morwen Thistlethwaite, Jessica Fridriech, Lars Petrus, et Stefan Pochmann quand on parle du Rubik’s cube ainsi que Tyson Mao et Ron van Bruchem quand on parle de speedcubing, nous y reviendrons.

Il est en fait facile de classifier quelques ‘méthodes’ clés, je les utilisais dans les années 80. Toute méthode dont vous pouvez entendre parler aujourd’hui autour de vous n’est qu’une dérivé de ces méthodes qui existaient à l’époque. Logiquement, il existe en effet un nombre fini de choix, on n’a que deux sortes de cubies dans un rubiks cube, les coins et les aretes , et on ne doit faire deux operations, les positionner et les orienter.

Personnellement, j’ai commencé en 1981 par une méthode grifonnée sur une page A4 que m‘avait trouvé mon père, elle consistait à positionner  8 arettes dans la bonne orientation, positioner les 4 dernieres puis les orienter, puis faire de même avec les 8 coins. C’est probablement une des methodes les plus lente qu’on puisse trouver, elle n’est cependant pas totalement dénuée d’interet car elle pourrait être éfficace en blind.

Comme tous le monde, j’ai intuitivement compris comment faire une face, c’est-à-dire orienter 4 coins et 4 aretes sur une même face, mais pas forcément dans leur position correcte. puis j’ai compris qu’il fallait mieux faire une face en plaçant directement les 4 arêtes et les 4 coins dans leur position finales, on appellait ça a l’époque une face couronnée. J’ai aussi compris comment placer les 4 aretes de la deuxieme couronne, enfin pour la derniere face, je ne me souviens plus comment je faisais a l’époque.
En effet, dès fin 1981 j’ai changé de methode, je suis passé au ‘corner first’ … cette méthode est peu utilisée en speed cubing, quoique Feu François Courtès l’a amélioré, resolvant les 8 coins en un tour de main. Je connaissais François sans le savoir depuis longtemps car on s’était croisé au championnat de France junior le 28 Novembre 1981, j’avais fini 4ieme.

C’est seulement près de 30 ans plus tard, en 2008 que j’ai entendu parlé de Jessica Friedrich et de Lars Petrus qui avait developé des methodes bien plus puissantes dans les années 80, les 2 étant basés sur l’excellente idée qu’on peut positionner et orienter une arête avec son coin adjacent avant de les placer ensemble autour de leur centre.

Ainsi, depuis 2005 les champions de speed cubing utilisent des dérivés de ces 2 méthodes avec des améliorations qui permettre d’éviter des regrips, c’est-à-dire d’avoir à tourner le cube pendant qu’on le resoud.

Ainsi la permiere idée qui vient à l’esprit lorsqu’on résoud un cube avec la methode de Jessica Friedrich, (methode aussi nommée CFOP comme Cross, F2L, OLL, PLL)  est d’éviter des regrip en ne plaçant pas nécessairement les deux cubies UB et UF avant les F2L mais pendant ou après selon les configurations. Certains ont donnés leurs noms à ces principes mais laissons les usurpateurs à leur conscience, il est plus juste de garder les noms de Jessica Fridriech et dans une moindre mesure Lars Petrus comme les premiers à avoir exploité les methodes de résolutions du Rubick’s cube pour la discipline qu’est devenu le speedcubing.

J’ai personnellement appris, puis oublié des centaines de séquences avant de parfaire la méthode que j’utilise actuellement, qui me permet d’être sub 20 dans les bons jours (vue qu’il me faut 6 secondes en moyenne pour faire OLL+PLL, j’ai depuis longtemps abandonné l’idée de combattre ma vieille arthrite pour rattraper les jeunes champions d’aujourd’hui qui sont souvent sub 6)

  • J’ai commencé l’été 1981 grace à mon père qui a trouvé une feuille de papier qui expliquait une méthode en edge first
  • La même année, sortait en France la référence « Réussir de Rubik’s Cube » d’André Warufsel
  • Le 28 Novembre 1981, j’ai participé au championnat de France junior ou j’ai fait 4ieme de ma catégorie (les moins de 12 ans), avec un temps (accrochez-vous) de 1 minute 45 secondes !
  • En 1982, j’ai appris le corner first grace au livre « le Rubik’s cube en 15 secondes » de Thierry Gagnaire.
  • En 2004 j’ai rencontré un speedcuber nommé Dan Harris, il était en train d’écrire un livre « Speedsolving the Cube» que je conseille vivement, car il est vraiment bon.
  • Depuis je progresse surtout en trouvant des séquence grace au prgramme ACube de Josef Jelinek, et puis je suis un peu les vlog de certains youtubeur comme Jperm ou Clement Cherblanc.

Le monde du cube est un ‘petit’ monde, si vous ne connaissez pas, trouvez une compétition sur le site de la WCA, et venez nous rencontrer, vous connaitrez vite beaucoup de cubeurs.

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